Démocratie et Liberté.
Notre représentation de la démocratie pourrait pour beaucoup d’entre nous être toute entière contenue dans l’idée de Liberté. Mais lorsqu’elle est confrontée au pouvoir, la liberté, apparaît surtout comme une soustraction : ce qu’il reste après que nos dominants aient posé leurs conditions, leurs lois. (exemple : en manifestation, encadrés ou non par la police).
Il nous reste à comprendre la vraie nature du pouvoir. (exemples de dépossession de la décision), car à ne pas le voir pour ce qu’il est, on se désarme face à lui.
Le problème du Pouvoir.
Qu’est-ce que le pouvoir ? Sinon la capacité à imposer sa volonté à l’autre. Cette capacité est synonyme de force et s’exprime de nombreuses manières : quelle soit physique, armée, judiciaire, de position d’autorité hiérarchique, etc. Qu’est ce que le pouvoir ? Sinon la propension à prévaloir sur autrui, la capacité à imposer sa volonté à une autre chose qui n’est pas soi, qu’elle soit volonté humaine ou force naturelle.
Le Pouvoir est asymétrie du pouvoir / dissymétrie du pouvoir
La nature du pouvoir est défini ainsi car il est difficile de le voir autrement partout où il s’exprime. Simple : « la Raison du plus Fort est Toujours la Meilleure ».
Et aussi pour ce qu’est le pouvoir : la capacité +/- grande à imposer sa propre volonté aux autres.
< Phénoménologie du pouvoir : étude de la réalité du pouvoir par ses manifestations et non par la définition qui lui est donnée >
Le pouvoir est (donc) par construction un autoritarisme.
Le pouvoir est domination.
Qui résiste au pouvoir se voit imposer par la morale émanant de structures instituées, comme une chape de plomb. Pouvoir qui ne vaut que par la croyance qui le soutient, et tant que cette croyance est concédée par tous.
Distribution / impossibilité / paradoxe démocratique.
La Démocratie comme pouvoir du peuple.
> Une distribution impossible. Demos-Kratos = l’Illusion de la Démocratie
Ainsi, parler de démocratie comme pouvoir du peuple, c’est manquer à la compréhension de ce qu’est le pouvoir. Définie comme telle, cette capacité à imposer ne peut exister que si elle est concentrée entre les mains d’un petit nombre. (et si c’est le grand nombre ? 51 %) Sa distribution, sa répartition entre tous provoque progressivement son effacement, jusqu’à sa disparition. Plus le pouvoir est distribué entre le grand nombre, moins le besoin d’imposer ne trouve sa nécessité et son sens. Ceci traduit l’Impossibilité de la démocratie lorsqu’elle est définie comme pouvoir du peuple.
Quel peut être le sens du pouvoir dans la démocratie ? comment distribuer à parts égales ce pouvoir, cependant qu’il s’évapore et disparaît par nature à mesure qu’il est de moins en moins concentré entre les mains de quelques-uns ?
La démocratie serait un oxymore, une aporie ? puisque le pouvoir par définition ne peut exister que lorsqu’une partie exerce sa volonté sur le reste, et qu’il cesse d’exister dès lors qu’on voudrait le distribuer.
Mais la démocratie retrouve son sens si l’on change le pouvoir contre l’agir, étant non plus pouvoir du peuple mais devenant agir du peuple. (L’agir ne contenant pas la domination à priori ? De légitimité à priori ? instituée ou non… d’où le principe de « renversabilité » des institutions pour la démocratie).
« Faire penser » que l’on est en démocratie est pire que ne pas être en démocratie. Cela affaiblit la volonté collective d’entrer effectivement en démocratie.
Désirabilité / Etrangéité.
Étant capacité à imposer sa volonté à l’autre, se pose la question de la désirabilité du pouvoir.
Pas de démocratie sans le peuple. Mais comment faire ? Quand le peuple ne veut pas du pouvoir pour lui-même, et que dans les manifestations l’on chante plus souvent liberté qu’égalité. Égalité devant la loi, mais aussi égalité face au pouvoir, et donc souveraineté.
Le peuple ne veut pas du pouvoir ; comme on dit de l’argent « le pouvoir lui fait peur ». Il se refuse à entraver la liberté d’autrui. D’ailleurs, de ceux qui voyant les défauts du pouvoir lui conservent tout de même un sens mélioratif, combien parmi eux sont prêts à prendre le pouvoir et à l’exercer ?…
Ceux pour qui le pouvoir n’est pas désirable, engendrent un profond attachement à la liberté. A l’inverse ceux pour qui la liberté ne suffit pas, nourrissent un profond désir pour le pouvoir.
Car c’est notre rapport au pouvoir que nous devrions changer. Déjà parce que majoritairement nous n’en voulons pas pour nous mêmes.
Étrangéité du Pouvoir.
Le faible n’a que faire du Pouvoir, le fort n’a que faire de la Liberté. Le Pouvoir aux mains des Pauvres devient Liberté, la Liberté aux mains des Riches devient Pouvoir.
Le Pouvoir c’est l’Inégalité. La Démocratie n’est pas la Liberté. Démocratie = oxymore. Aporie de la Démocratie. La Liberté sans l’Égalité c’est le Pouvoir.
Mais ainsi défini, que deviendrait ce pouvoir aux mains de personnes qui n’en ont pas le goût ? Probablement de la liberté, en plus, pour soi et autour de soi [, dans une dilution ]. Moi si j’avais le pouvoir, même partiellement, je crois que je m’empresserais de le rendre, de le partager. A l’image de celui qui ayant trouvé une source d’eau potable, conviendrait avec le groupe d’un égal et libre accès.
l’Ambivalence.
pouvoir / le Pouvoir ( il conserve néanmoins une ambivalence … )
L’agir : faculté physique, biologique, intellectuelle, naturelle
Le problème du pouvoir : lorsqu’il est SEUL initiateur de l’action, pour lui même et débarrassé de morale commune, mais cependant « valorisé » comme capacité humaine d’agir, face aux contraintes ou résistances, sur son environnement, sur la nature, sur nos lois. Alors il est compris hors contexte, car c’est au contraire et en substance sur autrui et souvent contre autrui qu’il agit.
Importance des 2 pouvoirs … le bon et le mauvais, nous somme « fooled » (tromper) par le premier et esclaves du second, du fait de la confusion entre ces deux.
{ le pouvoir a une telle ambivalence pour nous que, combien même nous ne l’avons pas, combien même nous ne le désirons pas, il nous paraît toutefois impossible de renoncer à son idée (du pouvoir). bien qu’il soit extérieur à nous et que nous déplorons souvent ses effets, il nous apparaît comme nécessaire ( pourvoit : eau courante, internet, satellites, IA ??! ) }
L’idée que sans le Pouvoir on ne pourrait rien faire. Alors que c’est plus souvent le Pouvoir qui nous empêche d’agir selon nos volontés. Il contraint davantage qu’il ne permet pas.
(digression métaphysique)
Le pouvoir a une réalité et une énergie intrinsèquement masculine.
Le pouvoir se conçoit positivement en tant qu’il s’exprime en dépassement d’une résistance à la volonté, un obstacle que représente un objet ou une situation désignée comme « problème », à l’extérieur ou à l’intérieur de soi. Mais que dire dès lors que cet extérieur à soi contient l’autre … (comme obstacle, ou facilitateur, ou spectateur, autres) ?
Pouvoir = transgression de loi humaine de l’Égalité – Liberté de l’un imposé à l’autre.
Citation de Paul Valéry :
« Liberté, égalité. Ces deux principes se nuisent. Car la liberté permet le développement des inégalités naturelles. Le plus doué a licence de dévorer ou de dominer le moins doué. » ( ou d’exterminer / racisme )
Il me semble que la liberté propre aux individus, dans un environnement moral et politique qui ne corrige pas ces inégalités naturelles, fait naitre le pouvoir des uns sur les autres.
La liberté si elle est circonscrite à chacun, peut constituer une sorte de « pouvoir pour soi-même », et serait alors compatible avec la démocratie au sens où on l’entend, « par le peuple ».
{ pouvoir : inégalité et illiberté consacrée, OU démocratie mariant liberté et égalité ? Liberté se manifeste en l’absence de résistance. Pouvoir agi en dépassant la résistance. Liberté devient pouvoir par transgression de l’égalité. } PARADOXE. MINDFUCK.
Abattre le Pouvoir – privilége de position – géniteur de l’Arbitraire.
Ultime pouvoir : celui du droit de vie ou de mort sur autrui.
Sans retour possible à une situation antérieure. Dont les conséquences ne peuvent être effacées.
(Laurent Bigot) < Policiers : votre salut, c’est nous ! >
Figure de l’Adolescent.
Figure de l’Adolescence : Pouvoir & Liberté. > la fugue. La liberté sans pouvoir c’est de la poésie. La liberté de dire oui (choisir), le pouvoir de dire non (imposer). Qui pour désirer le pouvoir ?
DILUTION – Quantité et qualité – Transmutation.
Le pouvoir s’oppose au peuple. L’idée du pouvoir s’oppose à l’idée de peuple. Il est le cailloux dans la chaussure de la démocratie, le ver dans le fruit.
La force d’une révolution c’est le peuple, qui de l’idée du pouvoir se déprend, (même si dans la délibération nous savons) pour se/le reconfigurer ensuite différemment.
La démocratie ne peut être pouvoir du peuple que si ce pouvoir est également distribué sur le peuple. (notion d’ attribut / propriété)
Dilution.
La question du Déjà-là – Bernard FRIOT – Réseau Salariat : la Sociale . Qui fut gérée par les salariés eux-même. Sans l’aide faussement précieuse – quasi providentielle – de ceux qui se donnent une charge avec les privilèges qui y sont attachés, des êtres de pouvoir. Le peuple seul en charge de ses affaires, sans dissymétrie, pouvoir sans le Pouvoir.
Le pouvoir ainsi dilué, la formule « un individu, une voix » continuerait d’être un contrat de base, mais dont la récurrence de la manifestation serait bien plus importante qu’actuellement.
Le principe de quantité (majorité) donc pour imposer une loi serait conservé. Le principe de qualité dans l’argumentation, dans le débat, serait encouragé, comme seul moyen de « contagier » les autres avec ses idées, et de les amener à soi, sans autre forme de contrainte.
Mais j’en viens à penser que l’idée de démocratie n’est valable que si on garde l’idée de peuple sans l’idée de pouvoir, ou même que le peuple doive s’opposer à l’apparition du pouvoir s’il veut garder la démocratie et faire perpétuer son application.
Le pouvoir comme position → la question des institutions.
